Est-il bien raisonnable d’agir AINSI?

 

Lorsque Diogène se promenait en plein jour dans les rues de la Grèce une lanterne allumée à la main, on lui demandait ce qu'il faisait. Je cherche un honnête homme, répondait-il. Dès notre tendre enfance et tout en grandissant, nous apprenons à nous mentir ainsi qu’aux autres, soi-disant pour « protéger » (pourrait-on croire) notre ego en croissance. Cette identité si précieuse que nous formons avec tant de diligence semblerait nécessiter qu’on la « protège ». Ce faisant, nous progressons vers l'âge adulte en ignorant exactement ce qui pourrait nous rendre différents de toutes autres espèces animales à savoir, la capacité d'atteindre l'état de satori ou .  (c.-à-d., celui de la conscience spirituelle. En d'autres termes, toute autre forme de vie animale est avant tout obsédée par la nécessité de survivre et de se protéger; alors que nous, en tant qu’humains, sommes en mesure d’aller bien au-delà de cet état. Mais, le faisons-nous? Il faut se poser la question : EST-IL BIEN RAISONNABLE D’AGIR AINSI?

 

Pour diverses raisons, j'ai appris dès mon jeune âge que la seule manière de progresser à grands pas en tant qu’être humain consistait à ne pas se mentir et à être prêt à payer le prix de la rançon. En d'autres termes, il ne faut pas s’attendre à un traitement de faveur dans la vie. La douceur envers soi-même ou envers les autres ne produit aucun résultat valable pour ce qui est de relever les grands défis de l’existence. Par exemple, on ne peut pas arrêter de fumer en permanence en formulant des souhaits pieux, en pleurnichant sur son sort, en en parlant avec des amis ou en utilisant des timbres de nicotine. On ne peut pas cesser d’abuser de l'alcool (ce qui, poussé à l’excès constitue une mort certaine) sans prise de conscience majeure… c.-à-d., sans brasser la cage. Avant toute chose, il faut se dire la vérité et être prêt à PAYER LE PRIX DE LA RANÇON. J’ai appris dès mon jeune âge qu’il est bien plus facile de vaincre que de subir. Nul doute que mon enfance difficile m’a permis d’apprendre cette leçon très tôt dans la vie.

 

Nous vivons entourés d’innombrables galaxies et planètes.   D’après les scientifiques, notre planète Terre aurait 4,54 (± 0,05) milliards d’années (selon l’échelle temporelle des humains, bien sûr). L’univers semble infini tout comme le nombre de grains de sable sur certaines de nos plus belles plages. S’ils sont envisagés de cette manière, on pourrait penser (et probablement à juste titre) que l’infiniment grand et l’infiniment petit se rejoignent et ne font qu’un en état d’équilibre (le yin et le yang). La plus grande découverte du vingtième siècle fut probablement la théorie de la relativité d'Einstein qui prouva que la notion de temps est relative; mais, qu’à cela ne tienne, nous vivons comme si toute cette création intemporelle et infinie ainsi que les diverses formes d'énergie qui nous animent (l'électricité, les ondes sonores, etc.), y compris nos propres inventions, existaient dans le confinement de l'espace, de la chronologie et des vibrations où nous évoluons. Nous REDOUTONS la mort notamment, notre propre finalité physique, sans percevoir que de par notre conscience, nous sommes en fait des êtres éternels, c’est-à-dire, des êtres qui évoluent déjà dans l'éternité. Ainsi, notre inconscience nous empêche de faire appel à notre « ki » ou , (ce formidable « agglutinant » universel) qui unifie toute chose dans l'univers et qui ne nous est que superficiellement accessible puisque nous en sommes inconscients.

 

Il y a environ six cents ans ou plus, la quasi-totalité de l'humanité avait recours à diverses religions et notions divines pour expliquer notre existence. Et pour bien des gens, peu de choses ont évolué. Ainsi, un bon chrétien était censé mener une vie d’expiation pour mériter le bonheur éternel à la droite de Dieu.  On se souviendra que Galilée, le père de la science moderne (1564 à 1642), fut forcé d’abjurer sous peine d’excommunication lorsqu’il confirma certaines de ses théories concernant les notions de l'équilibre et du mouvement des corps solides, leur chute, leur translation rectiligne et leur inertie.  Pourtant, grâce à la science moderne et à certains des instruments fiables dont nous disposons, il nous suffirait d'ouvrir les yeux (ainsi que notre esprit) pour constater que l'éternité, c’est maintenant… c’est le moment présent. Car le passé et le futur ne sont qu’illusion chez les humains; les deux sont une création de l'homme à la recherche d’une certaine mesure de sécurité face à sa perception limitée de la vie dont les limites correspondent à la durée physique de notre corps et de notre ego plutôt qu’à la réalité de notre être spirituel. Sommes-nous vraiment limités à agir comme une mouche sur un carreau de fenêtre, à la recherche d’une issue de sortie qui ne viendra jamais, situation qui ne peut se résoudre que par notre « mort physique devant mettre un terme à notre incarnation matérielle?

 

Car pour comprendre l’humain, il faut se rappeler le mot clé c’est-à-dire, le mot « sécurité ». Tout semble tourner autour de ce concept. Nous passons notre enfance à donner forme à notre ego (ce que certains pourraient appeler notre « personnalité », bien qu’à mon sens à moi il s’agisse d’un euphémisme); puis, nous passons le reste de notre vie à tenter de le protéger des soi-disant attaques qui nous guettent. Mais, si quelqu’un de bien intentionné tente de nous sensibiliser à nos erreurs parce qu’il veut notre bien, nous le bannissons à tout jamais comme ce fut le cas pour Galilée face à l’Église. Plutôt que de faire preuve de gratitude pour cette grande générosité (puisqu’il nous a « brassé la cage » à ses risques et périls - ce que très peu de gens osent faire), nous le couvrons d’injures. Encore une fois, l’ego se trompe d’ennemi. « Comment ose-t-il remettre en cause, mon libre arbitre, mon jugement, mon expérience de vie?, » vous dites-vous.  « Après tout, il s’agit bien de ma vie à moi. » Bien sûr, il existe de nombreuses personnes mal intentionnées prêtes à nous critiquer quoiqu’il arrive dans l’espoir de nous dominer. Mais, est-ce si important? Ne devrions-nous pas plutôt écarter l’ego et remercier cette rare personne ayant été assez généreuse pour nous aider à quitter le sillon de notre vieille programmation dans lequel nous étions enlisés (allusion à la PNL ou programmation neurolinguistique) pour nous permettre d’emprunter une nouvelle voie et briser l’emprise du tabagisme, de la consommation excessive de bouffe ou d’alcool, etc. dont nous étions prisonniers?

 

Pour mieux illustrer la chose, prenons l’exemple concret de notre domaine de prédilection à savoir, les arts martiaux. Si vous pratiquez les arts martiaux et que vous fondez un dojo en mettant l’accent sur la compétition, votre clientèle potentielle sera au rendez-vous puisque chacun ressent avant tout le besoin de nourrir l’ego et de l’emporter sur quelqu'un ou quelque chose. L’individu, semble-t-il, se réalise et se « sécurise » ainsi, en particulier s’il l’emporte sur un autre. Mais si votre dojo met exclusivement l’accent sur les notions d'humilité (libre de l’ego) et sur le bien-être mutuel, vous devrez alors multiplier considérablement vos efforts ne serait-ce que pour attirer uniquement quelques nouveaux membres.  En d’autres termes, en s’émancipant de l’ego, on peut atteindre des sommets incommensurables et former un tout avec l’ensemble de l’univers (en acceptant de vivre dans le présent et de s’harmoniser au flux de l’énergie); mais la grande majorité des gens préfère faire les choses à leur manière, donc de ne pas prendre leur envol et de s’opposer à ce que la vie leur apporte afin de suivre ce que leur ego leur dicte.  Pour dire les choses d’une autre façon, à l’instar de la mouche sur le carreau d’une fenêtre, la majorité préfère chercher une issue illusoire  et percevoir les autres comme l’adversaire à vaincre ou même, un danger à surmonter… Quant à moi, j’appelle ça le mythe de Sisyphe. Ça ne mène nulle part.

 

Est-il bien raisonnable d’agir AINSI?

 

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